Emmaüs : exploitation, refus d’accueil, expulsions arbitraires… bien des termes que nous ne souhaiterions pas voir associer aux « compagnons »… Et pourtant…

Eh, oui, hélas.

Il n’est plus possible de fermer les yeux sur les dérives de fonctionnement d’Emmaüs, que ce soit en tant qu’association participante de l’ESS ou en tant que bailleur social.

Sur ces deux aspects Emmaüs est loin de tout reproches, loin s’en faut.

Comme le dit un responsable de la « Fondation Abbé Pierre » sous couvert d’anonymat :

« Je sais Emmaüs… On est plusieurs à essayer de changer ça (quand on est dans la défense des droits, ça craint un brin de s’affranchir du droit du travail et du logement)… » et ajoute plus loin car il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac – certain-e-s faisant un travail admirable : « Mais c’est aussi un milieu complexe, 200 asso sans liens hiérarchiques, certaines assurent à fond, cachent des sans-papiers, sont nickel sur les contrats, créent une vie commune et une place sociale avec des gens qui ne trouvent place nulle part ailleurs. »

DONC, TOUT, LOIN S’EN FAUT, N’EST À JETER CHEZ EMMAÜS.

Mais un tri du bon grain de l’ivraie, des bonnes et des mauvaises pratiques, sur fond de crise des associations (un grand merci à ce gouvernement présent pour les réductions de subventions aux associations) est plus que nécessaire. Le but premier n’étant pas d’aider à une véritable réinsertion ?

Comme le montre le reportage de l’émission « Spécial investigation », sur Canal +, diffusée, je crois, le 15 juin 2015, la réinsertion n’est pas au rendez-vous, loin s’en faut :

A lire également l’article consacré à Emmaüs par le site http://www.loi1901.com et publié aujourd’hui même, 31 août 2015 :

« Et Emmaüs inventa les compagnons esclaves »

Voici un extrait afin de vous inciter à en lire plus :

« …Après la Croix rouge, référence de l’action humanitaire s’il en est, qui s’est rendue coupable de 3 800 infractions à la législation sur le temps de travail en 2014 au sein de son siège parisien, c’est au tour de l’association Emmaüs de franchir le Rubicon de l’inacceptable. Usage abusif et permanent de contrats précaires, exploitation des compagnons, sous-effectif chronique dans les services, plannings déshumanisants, inégalité des rémunérations, disparité des statuts, usure professionnelle, management par le stress…

Au delà des faits très graves relevés, il faut reconnaître que le mouvement créé par l’abbé Pierre en 1949 ne semble plus du tout être en phase avec la mission que lui avait confiée l’homme au béret.

Mais comment est-on passé de la politique d’accueil inconditionnel d’Emmaüs, qui a toujours accepté toute personne sans se soucier des conditions de nationalité ou de niveau social, à une sélection drastique basée sur l’intérêt que représente pour la communauté accueillante, les diplômes ou autres compétences (permis poids-lourd …), indispensables sésames pour un toit et une maigre pitance ?

Pris entre le marteau et l’enclume, et comme beaucoup de structures de lutte contre la précarité, Emmaüs a dû se « professionnaliser » à la va-vite, entre 2002 et 2007 sous la présidence d’un certain Martin Hirsch. L’homme n’est pas mauvais, mais est-il bon ? Il est à l’origine du Revenu de solidarité active (RSA) dont on sait aujourd’hui à la fois les méfaits et les limites… »

————————————————————————–

Pour la question du logement social, et donc d’Emmaüs Habitat, là aussi nombreuses sont les dérives :

Il y a d’abord la question posé par Jean-Pierre Brard (alors Maire PCF de Montreuil, dans le 93), pour exposer sa question, n° 1726, relative à l’état du logement en France et en Seine-Saint-Denis, devant l’ Assemblée Nationale le 28 février 2012. On ne peut-être plus sérieux. Je ne pense pas que M. Brard s’amuserait à grossir les faits (relayés également dans l’article de France Info ci-après)

Il dit, je cite :

« …Mais je voudrais vous faire part, plus particulièrement, du comportement d’Emmaüs Habitat. Cette société anonyme a acquis, en 2001, plusieurs résidences rue Gaston Monmousseau à Montreuil. Grâce à ma médiation, en mars 2000, un accord avait été trouvé entre les locataires et Emmaüs Habitat sur le prix des loyers. Emmaüs Habitat n’a pas respecté sa parole, en fixant des loyers supérieurs à ce qui avait été décidé. D’une certaine manière, monsieur le ministre, Emmaüs Habitat, c’est la sainte-nitouche du logement social ! On lui donnerait le bon Dieu sans confession, mais l’expérience montre que ce serait une erreur. Par exemple, M. et Mme Trebol, qui habitent au 15 rue Gaston Monmousseau, avaient un loyer de 554,47 euros, charges comprises, en mai 2002. Sept mois plus tard, en décembre 2002, Emmaüs Habitat a augmenté le loyer, sans concertation, de 16 % en le portant à 644 euros, charges comprises. Aujourd’hui, le loyer, charges comprises, s’élève à 793 euros. En dix ans, il a augmenté de 32 % et Emmaüs Habitat leur réclame, en plus, des régularisations de charges qui s’élèvent à plus de 150 euros. Ces augmentations répétées ont mis les locataires en grande difficulté financière. Ces derniers résistent et refusent de régler le surplus de loyer. Ils payent de l’ordre de 700 euros par mois pour se loger, alors qu’ils se trouvent à l’écart des moyens de transport. En dépit de cela, Emmaüs Habitat a décidé d’enclencher une procédure d’expulsion contre huit locataires. Son comportement face à la souffrance de ces locataires est insupportable. Depuis dix ans, ils vivent dans un climat pesant, qui impacte leur vie quotidienne. Des pressions et des harcèlements moraux m’ont été rapportés. Emmaüs Habitat a joué avec leurs nerfs en enclenchant plusieurs fois des procédures judiciaires, puis en les annulant quelques semaines après. Certains, sous contrainte psychologique, ont dû signer des reconnaissances de dettes. Ils vivent aujourd’hui dans la peur de perdre leur logement et de se retrouver à la rue. Il est désolant de constater qu’Emmaüs Habitat trahit l’âme de l’abbé Pierre en adoptant une politique commerciale de rentabilité. Le logement social n’a pas vocation à produire des excédents, ni à être rentable au sens affairiste du terme. L’abbé Pierre disait : « Sur ma tombe, à la place de fleurs et de couronnes, apportez-moi les listes de milliers de familles, de milliers de petits enfants auxquels vous aurez pu donner les clés d’un vrai logement. » Je suis sûr, monsieur le ministre, qu’il doit se retourner dans sa tombe à l’heure qu’il est et qu’Emmaüs Habitat ne pourrait pas répondre à l’exhortation du saint homme sans commettre un sacrilège !… »

Vous pourrez trouver l’intégralité de l’intervention de M. Brard ici

 Intervention de Jean-Pierre Brard à l'Assemblée Nationale le mardi 28 février 2012

Intervention de Jean-Pierre Brard à l’Assemblée Nationale le mardi 28 février 2012

 

A lire également cet article de France Info (restons dans le sérieux) :

A lire, article de France Info : « Logés par Emmaüs… et menacés d’expulsion »

Il y est fait allusion bien évidemment à ce qui se passe à Montreuil, mais aussi à Créteil, à Paris 20e… Le cas de Montreuil est donc loin d’être un cas isolé.

Je cite une partie de leur article :

« … Emmaüs Habitat justifie les augmentations par le changement de statut des logements, qui sont passés en 2001 d’une gestion privée à un bail HLM. Emmaüs Habitat indique que ces majorations sont conformes à la règlementation.
D’après l’organisme, la grande majorité des locataires en a profité. Seuls 20% d’entre eux ont subi des augmentations, soit parce qu’ils étaient dans un logement jugé trop grand pour le nombre d’habitants, soit parce qu’ils  avaient des revenus considérés comme trop élevés dans les  barèmes HLM.
Dans ce contexte, la directrice générale d’Emmaüs Habitat, Nelly Ordemus justifie le recours aux expulsions dans certains cas : « Il y a des situations où il n’y a pas d’autre façon de faire réagir que d’expulser les locataires« ….

« … Mais d’autres cas de conflits sont signalés par les associations. A Villecresnes au sud de Créteil, les habitants d’un immeuble Emmaüs  ne digèrent toujours pas la hausse de leurs loyers justifiée par des travaux de réfection.  En trois ans, cette augmentation est de 26%. Et les résultats ne sont pas à la hauteur, estime Eric Moreau, agent municipal à Créteil.
Eric Moreau : « L’Abbé Pierre n’est vraiment plus là »  … »

 

« … Troisième lieu de conflit : à Paris dans le 20e arrondissement, un collectif de locataires a obtenu devant le tribunal d’instance le  remboursement de charges indûment encaissées par Emmaüs Habitat. Le collectif se plaint de la gestion du bailleur. Il a le sentiment que  l’immeuble est laissé à l’abandon. Il a dû par exemple prendre en charge la gestion du courrier ou se battre pour faire réparer le chauffage.
Depuis, les habitant ont été entendus sur l’embauche d’une gardienne (à mi-temps), et sur un projet de réhabilitation pour tenter d’empêcher  le squat des halls. Mais la relation avec Emmaüs Habitat n’est pas normalisée, estime Anne Marchand, l’une des locataires : « On est un peu épuisés par cette relation qui n’arrive pas à se mettre en place« … »

N’OUBLIONS PAS : En Ile-de-France, Emmaüs Habitat gère 13.000 logements.

 

Ainsi, au vu de ces articles, intervention devant l’Assemblée Nationale, documentaire, le doute n’est plus possible.
EMMAÜS DOIT CESSER CES COMPORTEMENTS ! ET REVENIR A CE QUI EST SON DEVOIR : ACCUEILLIR, ACCOMPAGNER, RESINSERER et non profiter de la misère qui se fait de plus en plus grande et touche de plus en plus de nos concitoyens et concitoyennes.

 

Merci à toutes et tous de relayer ces informations.

Beijing75

« Sudiste » et « nordiste », les deux électorats du FN, article du « Monde » du 08.08.2013

Quelques remarques personnelles :
Il s’agit ici d’un article qui se base sur une « étude » de l’IFOP. Il ne s’agit pas d’une étude sociologique à proprement parlé, réalisée sur le long cours, par des chercheurs en sciences sociales, mais donc d’un sondage, certes de grande ampleur – 6000 personnes interrogées – (le taux d’incertitude est de 2 à 3% pour 1000 personnes mais que de 1% de moins pour 10.000 personnes). Les personnes questionnées l’ont été par Internet (comment savoir si elles sont sincères…). L’IFOP et « Le Monde » ne nous délivrent pas le taux de non réponse (ce qui est obligatoire pour tout sondage), ne donnent pas la liste des questions posées, et ne nous disent pas si ces questions sont ouvertes ( la personne répond ce qu’elle veut) ou fermés (oui – non ; ce qui ainsi donne l’illusion qu’une personne à un avis ou non – et cela sans connotation de jugement de ma part).
Bref, bien qu’à priori j’aurai tendance à être plutôt en accord avec les conclusions de cet article (parce que cela correspond aux clichés que je me fais « des électorats » du FN ?, méfions-nous de ces pseudo études d’instituts de sondages pour qui le seul intérêt est d’engranger d’abord, comme toute bonne entreprise du système capitaliste, le maximum de revenus (n’est-ce pas Madame Parisot, héritière et PDG de l’IFOP ?) !  – De plus il n’y est que question du FN mais pas de « l’extrême-droite ». Par exemple,  Jacques BOMPARD député-Maire d’Orange qui n’est jamais comptabilisé sur les bancs de l’Assemblée Nationale comme Extrême-Droite, alors qu’il a longtemps appartenu au FN et à créé la Ligue du Sud, est tout aussi extrême-droite que le FN, bien que classé « Divers Droite et appartient à l’assemblée Nationale à « Démocratie et République » …)
A mettre aussi en lien avec l’article de Cécile Alduy (Professeure de littérature et de civilisation françaises) dans « Le Monde » du 06.07.2013, qui tout au contraire affirme, que le FN ne doit surtout pas parler de l’immigration, ou le moins possible.

Article d’Abel Mestre

Le Front national a plusieurs visages. C’est ce que confirme une étude de l’IFOP pour Le Monde qui a radiographié les électorats du Sud-Est et du Nord-Est du parti d’extrême droite. Il en sort que l’électeur frontiste « sudiste » a un tropisme plus droitier quand le « nordiste » est, lui, plus social. Des électorats qui ne sont pas opposés, mais complémentaires, et qui permettent au FN de parler à un très large spectre électoral.

Parmi l’échantillon représentatif des 6 000 électeurs interrogés par Internet entre mai et juillet, l’Institut a filtré les électeurs de Marine Le Pen pour faire ressortir deux blocs régionaux : le Sud-Est (Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur) et le Nord et l’Est (Nord-Pas-de-Calais; Picardie ; Haute-Normandie ; Champagne-Ardenne et Lorraine).

C’est dans ces territoires que le FN est implanté, qu’il a ses élus et que les perspectives de victoires électorales sont les plus fortes. Ce sont aussi les terres de ses principaux leaders : Marine Le Pen est élue régionale du Nord-Pas-de-Calais, Jean-Marie Le Pen est, lui, élu en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Marion Maréchal-Le Pen est députée du Vaucluse.

« DIFFÉRENCES SUR L’ÉCONOMIE ET LE SOCIAL »

Le premier enseignement est que les fondamentaux du parti d’extrême droite agissent comme un véritable ciment des différents électorats du FN. Ainsi, qu’il s’agisse du Nord-Est ou du Sud-Est, « il y a une très grande homogénéité des points de vue sur la dénonciation de l’assistanat, de l’insécurité et de la mondialisation », note Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP.

Dans le Nord comme dans le Sud, 65 % des électeurs FN interrogés estiment que « les chômeurs pourraient travailler plus s’ils le voulaient » ; 85 % des électeurs « sudistes » et 87 % des « nordistes » estiment que l’on « ne se sent plus en sécurité nulle part » ; 83 % des électeurs FN du Sud-Est et 82 % de ceux du Nord-Est pensent que « la France devrait se protéger davantage ». Quant à l’immigration, c’est encore plus flagrant : 97 % des électeurs méditerranéens et 95 % de ceux du quart nord-est adhèrent ainsi à l’idée qu’« il y a trop d’immigrés en France ».

Ces convergences cohabitent toutefois avec de vrais clivages concernant les politiques économiques et sociales. « L’immigration agrège des électeurs qui ne voteraient pas pour le même parti. On le voit avec les différences sur l’économie et le social », note M. Fourquet.

La principale différence entre les électorats du Sud-Est et du Nord-Est réside dans les questions économiques, notamment fiscales. Sans réelle surprise, les « sudistes » apparaissent donc plus conformes à ce que fut le FN de Jean-Marie Le Pen : poujadiste, contre « la pression fiscale » et en défense des petits commerçants et artisans. Les « nordistes », sont quant à eux, plus sensibles aux arguments « sociaux » développés par Mme Le Pen.

« VRAIE DIFFÉRENCE ENTRE LES DEUX ÉLECTORATS »

La question du niveau d’imposition des personnes les plus riches en est l’illustration. « Cela laisse apparaître une vraie différence de nature entre les deux électorats », souligne l’étude. 60 % des frontistes méridionaux estiment que « le niveau de fiscalité payé par les personnes plus riches est trop élevé », quand seulement 37 % des « nordistes » partagent cette opinion. A l’inverse, 42 % des électeurs lepénistes du Nord-Est jugent que « le niveau de fiscalité payé par les personnes plus riches n’est pas assez élevé, ce qui ne permet pas de corriger les inégalités ». 22 % des « sudistes » sont de cet avis.

Si les questions économiques et sociales sont appréhendées de manière différente par ces deux électorats, c’est que leur composition sociologique n’est pas la même. L’électorat frontiste du Nord-Est est celui où les catégories populaires sont le plus représentées : il compte 50 % d’ouvriers et d’employés. Au contraire, dans le sud de la France, la proportion de milieux populaires est la plus faible. Ces catégories ne représentent que 36 % de l’électorat méridional contre 45 % pour l’ensemble de l’électorat frontiste.

IFOP/Infographie "Le Monde"

IFOP/Infographie « Le Monde »

En revanche, bien que minoritaires, les retraités et les CSP + et indépendants (agriculteurs, commerçants, artisans, chefs d’entreprise, professions libérales et cadres supérieurs) sont nettement surreprésentés dans le Sud (38 %) par rapport à ce que l’on observe dans le quart nord-est (23 %) ou au niveau national (30 %).

NÉCESSITÉ DE « PARLER À TOUT LE MONDE »

Ces électorats, non pas opposés mais différents et complémentaires, sont, pour l’instant, une chance pour le FN, qui parvient donc à s’adresser à un large champ d’électeurs. Le débat sur le mariage homosexuel a illustré cette réalité multiple du « frontisme ». D’un côté Marine Le Pen – qui est opposée au mariage pour les personnes de même sexe – n’a pas souhaité participer aux manifestations organisées par la Manif pour tous. De l’autre, Marion Maréchal-Le Pen, implantée dans le Sud-Est, était de tous les défilés.

Une différence de degré dans l’opposition à la loi qui se vérifie dans les différents électorats, puisque 76 % des « sudistes » sont opposés à la loi Taubira, contre 65 % chez les « nordistes », terre d’ancrage de Marine Le Pen. Le FN justifiait ces divergences en mettant en avant la nécessité de « parler à tout le monde ».

Lire aussi : Dans la famille Le Pen, père, fille et petite-fille ont chacun leur discours

Les différences se sont aussi cristallisées lors de la présidentielle de 2012. Dans le Sud-Est, 59 % des électeurs de Mme Le Pen se sont reportés sur Nicolas Sarkozy, contre 42 % dans le Nord-Est, où l’on s’est davantage abstenu. 38 % des électeurs « nordistes » ont boudé les urnes, lors du second tour de l’élection présidentielle contre 26 % des « sudistes ». Enfin, ils étaient plus nombreux, dans le Nord, à se reporter sur François Hollande (20 % contre 15 % dans le Sud).

« C’est une question de dosage pour Marine Le Pen, analyse Jérôme Fourquet. Elle peut élargir son discours à des thèmes sociaux mais ne doit pas aller trop loin au risque de perdre une partie de son électorat sudiste. Que se passerait-il si un Nicolas Sarkozy revenait avec à la fois une ligne droitière tout en maintenant des propositions libérales ? Pour tenir l’ensemble de son électorat, Marine Le Pen doit toujours revenir au socle commun, à savoir les questions d’immigration. »

Lien de l’Article du Monde du 08.08.2013

Mythologie du discours frontiste – article publié dans « Le Monde » le 06/07/2013

A lire parallèlement avec l’article, toujours du Monde, s’appuyant sur une étude de l’IFOP, parlant des « deux électorats du FN », dit en conclusion « Pour tenir l’ensemble de son électorat, Marine Le Pen doit toujours revenir au socle commun, à savoir les questions d’immigration. »

Article de Cécile Alduy (Professeure de littérature et de civilisation françaises)

« Paroles, paroles, paroles… » Marine Le Pen aime chanter ce tube de Dalida pour dénoncer les promesses de vent de ses adversaires politiques. Pourtant, s’il est bien un parti qui, faute de mandat exécutif, existe avant tout comme discours, c’est le Front national. Car tout autant qu’un groupe politique, c’est un système de communication global – des hommes mais aussi des mots –, qui explique son succès.

Dès la fin des années 1970, les leaders du parti, s’inspirant du théoricien socialiste Antonio Gramsci, se lancent explicitement dans une bataille sémantique. Or un retour sur quarante ans de parole frontiste révèle une remarquable stabilité des structures profondes de ce discours extrême. Au-delà des effets de surface – néologismes et calembours du patriarche, humour policé de la fille –, ce sont les mêmes mythes ancestraux que propage le Front national depuis sa création en 1972 : décadence, nostalgie d’un âge d’or révolu, théorie du complot et appel au chef messianique trament un récit national d’une efficacité redoutable.

Lire aussi : La rhétorique diabolique des Le Pen

L’une des forces du frontisme est d’être une forme de discours qui fait immédiatement sens. La cohérence anthropologique de la vision du monde qu’il véhicule explique en partie la longévité politique et l’attractivité d’un parti dont le programme s’est pourtant fossilisé en 1978.

La cosmologie lepéniste est fondamentalement une eschatologie : la fin du monde, ou plutôt de la France, est annoncée à longueur d’années. Jean-Marie Le Pen est le prophète des visions apocalyptiques : barbarie, anarchie, fléaux, et « torrents de sang » émaillent ses textes. Marine Le Pen se contente de rationaliser le vocabulaire millénariste dont elle hérite. Plutôt que de « décadence » aux connotations moralisantes rébarbatives, elle opte pour un lexique socio-économique, mais c’est toujours la même thématique du déclin : « délitement », « dégradation », « disparition », et surtout « destruction », avec son lot de verbes sinistres – « casser », « fracasser », « saper », « violer ». La violence surdétermine le discours lepéniste et structure les rapports humains, conformément à une vision hobbésienne de la société.

Le millénarisme appelle le messianisme : au terme de sa diatribe, le prophète se change en homme providentiel. Situé à l’intersection d’une volonté populaire et d’une vocation sacrificielle, le « chef » est investi d’une double légitimité, ascendante et descendante : miroir du peuple, dont il émane, il est aussi emblème de la France éternelle dont il incarne les valeurs. On est dans une logique du miroir, logique identitaire où l’on ne conçoit la représentation politique que sur le mode de la reproduction du même.

Ce récit mythologique a ses martyrs – Jeanne d’Arc, Jean-Marie Le Pen lui-même – et sa démonologie : « La bête à deux visages au nom étrange et inquiétant d’UMPS » (discours de Valmy, 2006), « le Bossu du Poitou » qu’était Raffarin pour le patriarche, le « Léviathan moderne » et le « Moloch » assoiffé de l’économie « ultralibérale » dans Pour que vive la France de Marine Le Pen (Jacques Grancher, 2012). La théorie du complot – d’abord socialo-communiste, sioniste, franc-maçonnique, puis mondialiste et européiste – complète la dramatisation du monde en un combat entre le Bien et le Mal.

Vivre l’Histoire comme une tragédie

Le Front national invite ses électeurs à vivre l’Histoire comme une tragédie où se jouent à chaque moment la vie et la mort de la nation et de l’individu. Cette menace imminente justifie une morale du sacrifice, de la discipline et un mouvement de « sursaut » et d’union nationale qui transcenderait les intérêts particuliers – autrement dit, une dépolitisation du combat politique envisagé non plus comme une confrontation entre partis et programmes, mais comme l’opposition essentialiste entre patriotes et anti-France, choix fermé et joué d’avance, qui construit en retour un autre mythe, celui des Français, classe restrictive, et de « la » France comme entité unifiée. Gloire et décadence alterneraient régulièrement à travers les siècles sans que jamais le cycle ne s’épuise – l’âge d’or étant relégué dans un passé immémorial, celui d’une France éternelle jamais datée ni actualisée.

On le voit, le mythe se construit sur les ruines de l’Histoire, niée comme processus de transformation. En ce sens, on peut affirmer que le projet frontiste est, dans ses structures profondes comme dans ses manifestations de surface, réactionnaire : « opposé au changement ou qui cherche à restaurer le passé ».

Dans cette intrigue archétypale résonnent aussi bien les grands mythes bibliques (l’Eden, la Chute, le Sauveur) et antiques (gloire et décadence de Rome) que le synopsis obligé de tant d’oeuvres de science-fiction, de Batman à Incassable. Ces mythèmes transhistoriques ne sont pas propres au national-populisme, et c’est bien là leur force. Au fil des ans s’y sont même greffés des mythes de gauche : le peuple et la république des justes, vertueuse et laïque. L’avantage rhétorique de ce récit matriciel est qu’il ne se démode jamais et parle à tous une langue commune, car profondément ancrée dans l’imaginaire collectif.

Le discours lepéniste se construit ainsi sur une série de paradoxes. Il ne cesse de convoquer l’histoire de France, mais la dépouille de sa dynamique proprement historique. C’est un discours anxiogène qui pourtant rassure, car il valide un sentiment de déclassement individuel et le transcende en destin collectif, dont l’issue sera une fierté retrouvée. C’est aussi une parole excluante qui crée du lien et un sentiment d’appartenance d’autant plus fort qu’il est vendu comme exclusif. Ces mythes ne sauraient être balayés du revers de la main : ils créent une « communauté imaginaire » (autre nom de la nation, selon le professeur de relations internationales Benedict Anderson), où le langage offre un capital identitaire compensatoire là où l’action politique n’offre que peu d’espoir. Marine Le Pen tient-elle un autre discours ? Si peu. Sa grande force est de s’appuyer en filigrane sur ces structures mythologiques profondes qui font écho aux fondamentaux historiques du Front national tout en normalisant et en sécularisant son discours pour gagner une crédibilité pragmatique.

Ne pas parler de l’immigration, ou le moins possible

Du point de vue des thèmes, elle a compris tout l’avantage qu’elle pouvait tirer à ne pas parler de l’immigration, ou le moins possible : depuis au moins 2007, la droite traditionnelle et les caciques du Front national s’en chargent pour elle, et elle peut avancer un nouveau marqueur politique original, le mondialisme, facteur explicatif global bien plus puissant et rassembleur qui l’exonère des accusations de xénophobie que la thématique migratoire ne manque pas de provoquer.

Elle bénéficie alors de la comparaison implicite avec son père, avec qui elle se partage l’espace sémiotique du Front national. Au patriarche, l’histoire de France, le discours identitaire traditionnel et la rengaine contre l’immigration ; à la fille, le diagnostic économique, la projection dans le futur et le discours identitaire républicain axé sur des valeurs consensuelles : laïcité, défense des services publics ou de l’emploi industriel.

On aurait donc tort de se réjouir de la régression quantitative du thème migratoire dans la parole frontiste (dans son livre-programme de 2012, il n’est plus qu’à la neuvième place dans la hiérarchie des maux français). Cette chute signale à l’inverse une victoire sur le plan de la bataille des idées, tant le thème envahit parallèlement le débat public. L’électorat français a été largement inoculé par les problématiques du Front national : de brèves piqûres de rappel suffisent.

Marine Le Pen peut donc aller à la conquête de nouveaux électorats, ce qui suppose un changement de stratégie oratoire. Il lui faut une légitimité d’action, non de parole : une crédibilité fondée sur une compétence pratique et une expertise théorique. Dans son dernier livre, le « faire » vient donc avant le « devoir » et les « principes » chers à son père. Elle parle de dette, de libre-échange, de banques, de profit, de monnaie, de PIB, quand son père se référait à des concepts abstraits qui étaient autant de valeurs morales : famille, liberté, droit, sécurité, loi, justice.

L’enjeu pour Marine est de naviguer sur une ligne de crête entre distinction et normalisation du discours : de s’exprimer dans un style suffisamment original pour confirmer sa position anti-système tout en étant audible pour les nouveaux publics à qui elle entend prouver qu’elle représente une alternative plausible. Il lui faut donc montrer les signes, c’est-à-dire le style, d’une offre politique sérieuse, tout en préservant sa singularité.

D’où ce mélange de langue technocratique et d’éloquence de prédicateur. D’où aussi la superposition de trames narratives venant de discours hétérogènes : une mythologie empruntée à son père et à l’extrême droite conservatrice, mais laïcisée et dépouillée de son ton moralisateur, et un bricolage de citations empruntées à toutes sortes de cautions intellectuelles. Dans son livre de 2012 défile tout un panthéon : intellectuels (Rosanvallon, Gauchet, Badinter, Halimi, Todd), universitaires, économistes, figures historiques (Roosevelt, Mendès-France). Elle y cite Marx, et non Maurras. Le mythe se technocratise et gagne en légitimité intellectuelle.

C’est toujours la France d’avant qu’elle appelle de ses vœux, mais son talent est de porter un projet de retour au passé dans une forme elle-même modernisée. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce nouveau style ne s’accompagne d’aucune inflexion idéologique. Les jeux de mots douteux ont disparu, mais l’ambigüité est peut-être plus perverse, car subreptice. Et le programme, lui, n’a pas changé.

Le défi que représente le discours frontiste réside ainsi autant dans sa forme que dans le contenu de son offre politique : car comment apporter une réponse politique à un imaginaire ? Ce qui est certain, c’est qu’un parti qui parviendra à marier récit collectif porteur et gages de compétence gouvernementale, légitimité morale et autorité savante, sera une force diablement difficile à contrer.

Lien à l’Article du Monde du 06.07.2013

« Vous sous-estimez la violence de l’oligarchie médiatique ! » Henri Maler (Acrimed) et @si : la grande explication

Je vais reprendre ici une bonne partie de l’article d’@si qui synthétise autant que possible l’émission du 23/04/2010, ou Daniel Schneidermann, accompagné d’Anne-Sophie Jacques, chroniqueuse à @si recevaient Henri Maler, un des portes paroles d’Acrimed.
Le site @si n’est visible dans sa plus grande partie que sur abonnement.
Donc si vous n’êtes pas abonnés vous ne pourrez voir ce passionnant débat sur l’information et les médias et leur devenir. Désolé. Je vous conseille de vous abonner. Mais libre à vous.

Pour voir l’émission c’est ici

Acrimed et @si, c’est une vieille histoire. Depuis près de quinze ans, nous faisons le même travail, chacun à sa manière. Eux en militants, nous en journalistes. Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous ne nous étions jamais rencontrés, n’avions jamais débattu. L’oubli est réparé avec cette émission. Entre Bourdieu, Internet, Mélenchon, les médias associatifs, l’argent, le linge sale et les grands principes, tout y est passé.

Acte 1 : Le faux panel de « L’Objet du scandale »

Avant de commencer le débat, Lucie Desvaux et Sébastien Rochat reviennent sur le bidonnage de la semaine dans l’émission L’Objet du scandale présentée par Guillaume Durand. Face aux deux invités principaux, Frédéric Mitterrand et Michel Drucker, se trouvait un « panel » de quatre Français dont un « travailleur social » qui a posé les questions que la production lui avait fournies. Le bidonnage est manifeste puisque ces questions étaient en ligne depuis une semaine sur les sites d’Acrimed et d’Actuchomage.org.

Acte 2 : « Vous êtes une PME de journalistes, nous sommes une association de militants »

En introduction du débat, Anne-Sophie Jacques présente Acrimed, qui signifie « Action-Critique-Médias ». C’est une association militante qui s’est créée suite au mouvement social de 1995 pour dénoncer le traitement de ce conflit par les médias, notamment la télévision. Son objectif est de militer pour une transformation de l’espace médiatique et de ses structures. Exemple concret des centres d’intérêts d’Acrimed : leur dernier article sur la nouvelle formule du journal Le Monde avec les pages contre-enquête. Nouvelle offre éditoriale ou simple renouvellement de package ?

Acte 3 : « Pourquoi on n’enquête pas ? nos rédacteurs sont des bénévoles ! »

Les médias traditionnels comme Le Monde ou le 20 heures sont-ils encore des lieux de crédibilité ? Le site d’Acrimed s’intéresse davantage à ces médias traditionnels plutôt qu’aux sites internet pour des questions de temps mais aussi parce que l’offre éditoriale, pour prendre l’exemple de Rue89, ne leur parait pas si différente des autres médias. Maler se demande si cette proximité est liée à la ligne éditoriale de Rue89 ou à un manque de moyens.

Acte 4 : « les photos de la prostituée des bleus, c’est un petit caillou » !

Pour Maler, les grands oubliés du «microcosme médiatique», ce sont les médias du «tiers secteur». Qu’entend-il par là? Ce sont des radios associatives, locales, qui donnent une «information militante», qui font entendre la «voix des sans voix dans les quartiers populaires». « Le point de départ de chacune de nos informations, c’est toujours un petit caillou » réplique Daniel. Incompréhension de l’invité. Et explication par l’exemple : les Bleus, et le proxénétisme.

Acte 5 : «Le risque d’@si, être un média dans le microcosme»

Acrimed, et @si, complémentaires ou opposés ? Dans le microcosme des médias ou non ?
Quid du passage d’Arrêt sur image vers le web… Est-il plus corrosif ? Quelle est la possibilité d’être critique sur la télé à la télé ?

Acte 6 : « La meute s’est déchaînée contre Mélenchon »

«Quelle est la différence entre Acrimed et @si?», lance Maler. «Une partie de notre production, au moins une fois par semaine, a une dimension explicative». Et d’expliquer qu’Acrimed s’adosse à un savoir universitaire, sociologique notamment. Puis il s’en prend au livre de Laurent Joffrin, «Média paranoïa». «Qualifier tous les critiques des médias de paranoïaque, c’est infiniment plus violent que toutes les engueulades de Mélenchon». Il fait ici référence à l’interview du leader du parti de gauche par un étudiant en journalisme, interview dans lequel il avait traité l’étudiant de «petite cervelle». Acrimed ne condamne pas l’attitude de Mélenchon, admet seulement que le terme employé est «déplorable» et préfère rappeler que «la meute des journalistes s’est déchaînée contre lui»

Acte 7 : «Pour nous, un forum est un espace médiatique»

On en vient à cette petite révolution, que sont, sur internet, les forums et leur pouvoir d’influence. Sur @si, ils font «intrinsèquement» partie du site. «Internet a un peu changé la donne», concède Maler. Mais, sur Acrimed, aucun forum. Quelles en sont donc les raisons? La principale, c’est que le site «essaie de mener une action politique sur l’action des médias», pour cela, il privilégie «le maximum du débat public», «en vis-à-vis», «la présence physique». Et si les gens pas convaincus ne viennent pas, «c’est leur problème», lance Maler.

Acte 8 : «Bourdieu n’était pas mon gourou»

Retour sur une émission d’Arrêt sur images, en 1996, alors sur France 5, qui a fait date, celle avec Pierre Bourdieu, face à Jean-Marie Cavada, et Guillaume Durand. «Il y a des émissions dans lesquelles les conditions d’expression sont en apparence égales, mais sont en réalité frelatées». Cavada et Durand ne répondaient pas à Bourdieu, explique Maler, mais le flattaient. Avant d’avouer qu’il y trouve, Bourdieu, quand même, «étincelant»

Quant à savoir combien d’adhérents compte Acrimed, difficile d’obtenir une réponse.

Vivre dans une commune dirigée par l’extrême-droite ! Quelles conséquences ?

Oui,
si vous êtes sur ce blog, et sur cet article, c’est que comme moi, vous craignez la montée du Front National qui risque de faire encore de bien trop bons scores aux prochaines élections municipales et européennes.
Beaucoup trop de citoyens plus que las de cinq ans de Sarkosie, ont pour certains crûs en des lendemains un peu moins noirs une fois que le roi de l’esbrouffe aurait été mis à la porte de l’Elysée.
Ils ont voulu s’accrocher « AU CHANGEMENT » que le PS et François Hollande n’ont eut de cesse de promettre et de claironner bien haut « droit dans les yeux »…
Las… Le changement est loin d’être celui escompté. SMIC, ANI, BANQUES, TSCG, nous avons vu ô combien le changement fut prompte à être mis en place… au profit de la toujours même oligarchie.
(En son temps Pierre Mauroy avait commencé la première année de son ministère par, excusez du peu : Hausse du SMIC, du minimum vieillesse, des allocations familiales et des allocations logement, retraite à 60 ans, cinquième semaine des congés payés, semaine de 35 heures, Lois Auroux, etc. Mais n’oublions pas son héritage principal : LA RIGUEUR à partir de 1983.)
Et les grands médias de proclamer à longueur d’antenne  que la gauche c’est le PS.
Désespérés, nos concitoyens, ne savent plus pour qui voter, puisque le PS (la gauche parait-il) poursuit une politique régressive.

Alors devinez un peu pour voir qui, encore une fois, aura fait le jeu des extrêmes droites et du Front National ?

Vous allez découvrir ci-dessous un film réalisé par les « EditeursAnonymes » dont les films sont visibles, gratuitement, sur YouTube.
Il s’agit d’un film de 1h30 qui s’intitule  » Mains brunes sur la ville – Vivre dans une commune dirigée par le FN » (Rmq : entretemps Bompard a été exclu du FN, mais a créé son propre parti en 2010, bien évidemment toujours à l’extrême-droite : La Ligue du Sud »)
Dans ce film, le réalisateur et l’équipe démontent le mécanisme « Bompard » (Mari et Femme car Madame tout aussi extrême que Monsieur, est également Maire de Bollene, commune limitrophe d’Orange. Monsieur, bien que d’extrême droite est député apparanté DVD. (Il est membre de « Démocratie et République« , Ce micro-parti permet d’accéder au financement public des partis politiques français en présentant quelques candidats aux élections législatives et en ayant des députés et des sénateurs qui s’y rattachent alors qu’il ont été élus sous une autre étiquette.). Nous avons donc bien 3 députés à l’extrême droite… Mariani a préféré lui laissé la place et se faire élire par les français de l’étranger…).
Fermeture des centres sociaux, abandon des quartiers HLM et populaires pour mieux les stigmatiser et en faire des boucs émissaires et pouvoir revendre le terain à des promotteurs, coupures des subventions aux associations non dans la ligne, subvention très forte de « Thés dansants » et autres activités pour personnes agées ( ce n’est pas un mal en soit elles ont aussi le droit de s’amuser. Mais cela devient plus problématique quand cela se fait au détriment des activités non dans la ligne), achat par les bibliothèques municipales de livres d’auteurs négationnistes, bien-sûr (ils ne vont quand même pas acheter « Qu’ils s’en aillent tous, tout de même…), travaux d' »embellisment » clinquants du centre-ville pour les touristes, suppression des bus en été pour que la « racaille » des citées soit en difficulté pour venir au centre ville… J’en passe et des meilleurs…
Bon, après ce long préambule, je vous laisse à ce documentaire.
Bonne vision.

Voir la page Wikipédia de Jacques Bompard
Voir la page Wikipédia de Marie-Claude Bompard

ANI : Gérard Filoche. Une démonstration limpide !

L’Accord National Interprofessionnel
du 11 janvier 2013

Fléxibilité, baisse des salaires, mobilité, licenciement…
Gérard Filoche analyse l’Accord National Interprofessionnel
du 11 janvier 2013
Argelès-sur-mer le 14 mars 2013.
Gérard Filoche analyse l’accord national interprofessionel signé le 11 janvier 2013 entre le MEDEF et trois syndicats minoritaires – CFDT, CFTC, CFE-CGC, minoritaires – (sur 8). Entretemps le gouvernement PS-EELV avec le soutien des députés UMP et FN l’a transposé en loi modifiant le code du travail.


André Chassaigne : « …Dans la réalité, d’après les chiffres de représentativité révélés par la presse, la CFTC et la CFE-CGC, signataires de l’accord avec la CFDT, n’atteignent pas la barre des 8 % indispensable à tout syndicat pour être reconnu nationalement. Leurs signatures, apposées au bas de l’ANI, seraient donc sans valeur juridique, celle de la CFDT restant la seule valide… »

Un petit extrait du blog de Gérard Filoche datant du 02/08/2013 :
« La DRH : – « Bonjour Monsieur l’inspecteur, je vous présente mes collaborateurs… »
– Ah, vous avez des gens extérieurs à l’entreprise, ils ne sont pas déclarés ?
– Mais non, bien sûr, ils sont salariés. Ici, dans l’entreprise, bien sûr
– Pourquoi vous les appelez collaborateurs ?
– Mais on les appelle comme ça, ce sont des collaborateurs…
– Mais, Madame, vous savez ce qui caractérise un contrat de travail, c’est un « lien de subordination juridique permanente ». Je parle en droit. Tout salarié est « subordonné ». On ne peut à la fois, être « collaborateur » et « subordonné ».
– Monsieur l’Inspecteur on les appelle ainsi, par respect, pour les associer…
– Madame, le mot « collaborateur » n’existe pas une seule fois dans le Code du travail, restez donc sur un plan juridique, c’est clair : un « salarié » !
– Mais enfin monsieur l’Inspecteur, on a le droit d’appeler nos… nos collaborateurs comme on veut.
– Madame, vous faites de l’idéologie. S’il vous plait, pas avec moi.
– Comment ça ?
– C’est de l’idéologie que d’appeler un salarié « collaborateur ». Ça peut faire croire, qu’il est sur un pied d’égalité avec vous dans son contrat mais ce n’est pas le cas. C’est parce qu’il est subordonné qu’il a des droits. Le code du travail, c’est la contrepartie à la subordination. Supprimer la notion de subordination, ça enlève la contrepartie. Ça fait croire que dans l’entreprise, tous ont le même « challenge », le même « défi », sont dans le même bateau. Jusqu’à ce que le patron parte avec le bateau et que le salarié reste amarré sur le quai au Pôle emploi, et il s’aperçoit alors qu’il n’était pas collaborateur mais bel et bien subordonné… Le patron et le salarié n’ont pas les mêmes intérêts. L’un cherche à vendre sa force de travail le plus cher possible, l’autre veut la lui payer le moins cher possible.
– Là, monsieur l’inspecteur, c’est vous qui faites de l’idéologie !
– Vous croyez ? Bon alors, je propose d’arrêter tous les deux, et pour nous départager, de nous en tenir au droit, au seul droit, donc on parle de « salariés » désormais. Uniquement.
– Bien mais c’est dommage, j’utilise « collaborateur » parce que c’est valorisant…
– C’est vous qui le dites ! Vous ne vous demandez pas pourquoi on n’a pas mis le mot « collaborateur » en 1945-46 dans le code du travail ?
– C’est une question de génération…On n’a pas le même sens pour le même mot…
– C’est certain. « Collaborateur », c’est marqué d’infamie. On n’a donc pas la même approche. Allez, n’en parlons plus, mais encore une fois, soyez correcte : appelez vos salariés des salariés…

Gérard Filoche »

Compte twitter de Gérard Filoche